POURQUOI INTRODUIRE UNE PREPARATION MENTALE EN EQUIPE DH ? 

Au départ …

Lorsqu’Isabelle Logé est venue me chercher en me proposant d’offrir mes services en tant que préparateur mental de l’équipe DH Dames, je ne savais pas à quoi m’attendre, mais c’était une évidence, et j’ai tout de suite accepté !

Isabelle et moi avons partagé de nombreux moments sportifs. Aujourd’hui et depuis plusieurs années, elle se trouve à la tête de la filière filles au Léo et a pour objectif d’apporter un meilleur encadrement aux jeunes pour en faire de meilleures sportives. 

 

Pour elle, la venue d’un préparateur mental dans l’équipe répondait à cet objectif.

Dans mon vécu de sportive de haut niveau, ce qui m’a le plus manqué c’est une préparation mentale. Elle m’aurait apporté des clés à un moment crucial de mon parcours, top 5 en tennis belge avec une première sélection en FED CUP en tant que 3ème joueuse, pour savoir comment passer au prochain niveau et ainsi poursuivre ma carrière d’athlète.

Dans ma vision des choses, s’accomplir dans son sport, sa passion, tout comme dans chacune des choses qui nous tient profondément à cœur, est un bonheur à vivre pour soi-même mais aussi un bonheur à partager avec les autres. C’est dans cet état d’esprit que j’ai proposé mes services.

“Débarquer en tant que préparateur mental, ...” !

... dans une équipe avec des âges différents, des vies, des personnalités, des ambitions différentes, n’était pas gagné d’avance ! De plus, toutes ne sont pas ouvertes, réceptives, ni familiarisées avec ce type d’approche.

 

Bousculer les habitudes génère de l’inconfort voire certaines résistances et cela peut créer certaines difficultés au départ, surtout quand ça ne vient pas de leur propre initiative.

Il fallait que la « mayonnaise » prenne, c’était mon challenge, mon défi : réussir à mettre “mon jeu en place” en gardant mon fil conducteur, m’appuyer sur mes forces et “jouer” le plus libéré possible en vivant chaque moment dans l’instant présent et en laissant le résultat être ce qu’il sera.

 

Ma manière de faire n’est pas d’appliquer des recettes toutes faites mais de personnaliser mon approche en fonction des besoins de l’équipe, du vécu des joueuses et de la réalité sur le terrain.

Chercher, observer, écouter, détecter les forces et failles du système, cibler les priorités, m’adapter au groupe pour trouver le bon tempo en fonction du temps imparti m’a permis petit à petit de gagner leur confiance, de créer plus de connexions entre elles et apporter ma contribution à l’équipe.

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Le sport ne forge pas le caractère, il le révèle

 

Au démarrage, un questionnaire et 3 questions clés. Une manière pour moi de prendre contact avec chacune des joueuses, situer où chacune en est dans son sport et dans sa tête.

  • « Why ? » ou « pourquoi je fais ce que je fais »,

  • Identifier leur zone de « sécurité », là où elles se sentent à l’aise et où elles ont la sensation de maîtriser leur jeu, ainsi que relever leurs points forts 

  • Définir leurs points d’amélioration selon leur point de vue.

 

S’arrêter un instant sur elles-mêmes dans leur sport les ont déjà poussées à sortir de leur zone de confort, à oser se lancer et à approfondir une réflexion. Si parler de soi n’était pas évident, elles se sont prêtées au jeu, « une fois que je me suis lancée, j'ai rapidement réalisé que j'avais pas mal de choses à raconter », dit une joueuse de l’équipe. Une façon déjà de mieux se connaître et être plus consciente de là où elles en sont. 

Pour changer d’attitude il faut changer d’altitude

 

Travailler en équipe sur le vécu des joueuses lors des matchs «what happens to us», les plus et les moins, en tirer des expériences et des clés « what we do with what happens to us » a été un premier déclic, une première étape avec un changement d’attitude. Cela a très vite porté ses fruits et eu un impact positif sur leur jeu : plus de connexions, plus d’interactions sur le terrain, une meilleure communication entre elles.

 

La parole aux joueuses :

« Ta place a eu une importance cruciale… C'était, un moment de réflexion, un arrêt sur image de notre quotidien au sein de ce groupe de hockeyeuses fortement différentes d'un point de vue individuel mais qui,  unies en un même objectif, réalisent de belles choses dues à leur complémentarité. »

 

« Cela a fait énormément de bien à l'équipe et je suis convaincue que c'est entièrement grâce aux séances lors de périodes de crise que l'ambiance a pu devenir moins pesante, grâce à une communication encadrée et un débat constructif lors des séances de coaching mental ». 

 

« Beaucoup d'apaisement des conflits dans l'équipe, et aussi, en première partie de saison, avec les coachs. Bien que tout n'ait pas toujours été entendu, le fait de se sentir écoutées et comprises nous a fait beaucoup de bien et a permis, en quelque sorte, de forcer tout le monde à participer au débat, ce qui était indispensable. Cela a, de ce fait, permis à chacun de s'exprimer, parfois de faire passer des messages, …, d'une manière positive et constructive. …Et les efforts personnels de chacun ont permis d'avoir un groupe beaucoup plus solide ». 

« J’ai trouvé cela très positif pour l’équipe… Cela a aussi permis aux filles de parler avec un langage beaucoup plus approprié ainsi qu’accepter la remarque sans agressivité. On a créé une ambiance solidaire dans la motivation, ce qui nous a rendue toute plus forte et cela a solidifié le mental du groupe. »

« I think the mental coaching is valuable to the team, I think you have really helped us to be successful! »

 

Il a fallu s’en servir pour aller plus loin, continuer à répéter les efforts encore et encore pour tenir dans la durée et développer plus de constance tout au long des matchs.

Pour obtenir du résultat il faut se détacher du résultat 

 

Quand la pression monte et qu’elles ne réussissaient plus à imposer leur jeu, c’était « panique à bord », le stress qui augmente, les pertes de balles, les erreurs, la crispation, l’énervement, les tensions, et en route dans la spirale négative, avec perte de temps, d’énergie, d’efficacité, de lucidité, de confiance. A ce niveau-là, ça se paie cash.

Découper le match en ¼ temps et les jouer un à un a été une première clé qui a bien fonctionné pour cadrer leur mental, accepter de faire des fautes sans s’y attarder et revenir au temps présent en se rappelant constamment que le match est un chemin à parcourir et tant qu’on n’est pas arrivé à destination tout est toujours possible.

« Un point qui a eu le plus gros impact sur l’équipe a été de découper le match en 4 parties, de jouer 1/4 temps par 1/4 temps en redémarrant chaque quart temps à “zéro” a eu un gros impact sur l’équipe et notre jeu. »

 

« Cela a permis que notre jeu soit plus calme et moins précipité. Ça nous a permis aussi de relativiser, de diminuer les disputes sur le terrain et désamorcer déjà certains conflits » dit une joueuse.

 

« Avoir des principes mentaux communs, ça aide vraiment parce qu'on se sent chacune beaucoup plus impliquées; le concept  « zone de sécurité », a vraiment eu un impact pour moi dans ma manière de penser au match, en tout cas car je me suis surprise à repenser a ce dont on avait parlé », dit une joueuse.

« Cela nous a permis d’avoir plus de construction dans notre jeu et de poursuivre nos efforts dans un état d’esprit collectif »

Revenir sur la « structure de base » de l’équipe quand c’était nécessaire a libéré des espaces où elles ont osé développer leur jeu et appliquer les consignes des coachs. Elles ont pris des points là où c’était inattendu et ont montré qu’elles étaient capables de faire de beaux résultats comme leur victoire sur l’Antwerp et le nul au Watducks.

« Le coaching mental nous a permis de prendre conscience que jouer "simplement" au hockey, ne suffit pas pour créer des interactions qui mèneront à l'exploit ! »

Enfin faire ressortir les talents de chacune pour le bien collectif et oser tenter de nouvelles choses

 

« Ces séances ont permis à chacune de trouver sa place, n'ont pas en l'obtenant par la force ou l’écrasement  mais en mettant les qualités de chacune au service de l'autre. Personnellement, mieux connaitre mes coéquipières, m’a permis de mieux interagir avec elles et mon sentiment d'être bienveillante et à l'écoute des autres me rend heureuse ». 

 

Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin 

 

Travailler en alliance avec les coachs ont fait aussi partie aussi des étapes, en plus du talent de Dorian et sa vision du jeu, et l’énorme travail fourni par Raphaël, sans oublier tout le staff qui a travaillé aussi avec la team en coulisse (Isabelle L, Virginie, Patrick, Ludovic et Max), créer des interactions entre tous pour une meilleure harmonie du groupe et aller dans le même sens est une étape incontournable.

 

Devenir une équipe plus performante est un processus qui se construit dans le temps étape par étape. Et il y a encore un énorme potentiel de progression si tout le groupe s’y attèle. Une saison et une belle aventure humaine qui se termine par le maintient en DH.

Faut-il poursuivre l’aventure l’année prochaine ? La parole aux joueuses :

 

« Evidemment qu'il faut poursuivre l'aventure ! On  peut encore créer de belles choses, réfléchir, se poser des questions, et trouver des solutions dans un climat favorable  est enrichissant »

 

« Oui évidemment ! Il faut que l'on continue à améliorer le mental de chacune et l'union collective. Et il faut continuer à entretenir la flamme »

 

« Oui bien sûr!!! Je recommande et je valide pour la solidité du mental du groupe!!! »

 

« Oui et j’espère que tu auras le courage de rempiler encore l'année prochaine, on a besoin de toi ! »

En individuel ou en équipe, l’introduction d’une préparation mentale peut être cruciale et faire une différence pour soi-même comme pour l’équipe 

 

Elle permet de :

  • mobiliser des ressources individuelles et collectives pour atteindre un objectif commun

  • renforcer la cohésion d’équipe, améliorer la motivation et l’implication dans une même direction

  • augmenter la responsabilité de chacun et apporter sa contribuer au groupe de façon positive énergique

  • se connecter à son instinct dans sa façon de jouer et d’aimer jouer et oser

  • Développer son potentiel relationnel, stimuler l’ouverture d’esprit, assouplir sa capacité d’adaptation pour créer plus de force collective

  • Veiller à  l’épanouissement des joueuses

  • Ameliorer sa capacité d’attention et de concentration

  • Apprendre à cadrer son mental pour libérer les énergies

  • Passer de concurrent à allié

  • Focus sur le moment présent

  • Apprendre à ne pas céder à la pression et mieux gérer l’incertitude du résultat

  • Libérer les tensions, les frustrations et développer de la confiance en soi et entre soi et les autres joueuses staff inclus

  • Adapter ses comportements en vue d’une meilleure dynamique et harmonie du groupe